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Valoriser l’erreur pour renforcer la confiance et l’apprentissage

La relation de confiance avec les élèves repose sur un changement de regard sur l’erreur. Loin d’être un simple accident ou une faute à éviter, elle est un révélateur des conceptions des apprenants et un levier essentiel pour apprendre.

L’erreur, un levier d’apprentissage : Astolfi & Giordan

👉 Astolfi (L’erreur, un outil pour enseigner, 1997) insiste sur le fait que les erreurs ne sont pas anodines : elles traduisent des conceptions alternatives du monde, souvent construites par les élèves avant l’enseignement. Il distingue plusieurs types d’erreurs :

  • Les erreurs pertinentes, qui s’appuient sur une logique compréhensible mais erronée.
  • Les erreurs à confronter, nécessitant une remise en question du raisonnement.
  • Les erreurs didactiques, que l’enseignant peut anticiper pour en faire des points d’appui dans sa progression.

👉 Giordan (Apprendre !, 1998) développe le modèle allostérique de l’apprentissage, qui s’oppose à l’idée d’un simple apport de connaissances « de l’extérieur ». Selon lui, l’apprentissage est un processus actif où l’élève transforme ses conceptions initiales. L’erreur est donc inévitable, car elle marque une résistance cognitive face aux nouvelles connaissances.

Il parle d’“obstacles épistémologiques”, c’est-à-dire d’idées préconçues que l’élève doit déconstruire avant d’intégrer un nouveau savoir. Pour apprendre, il ne suffit pas d’accumuler des faits : il faut déconstruire et reconstruire ses représentations mentales.

Vers un apprentissage durable et une confiance renforcée

En croisant ces approches, on comprend que l’erreur :
Est un indicateur de la pensée de l’élève (Astolfi)
Fait partie d’un cheminement nécessaire (Giordan)
Peut être anticipée et exploitée par l’enseignant
Conduit à une meilleure métacognition et à un renforcement du sentiment d’efficacité personnelle (Bandura)

Ainsi, valoriser l’erreur en classe, c’est permettre aux élèves d’oser, de tester, d’expérimenter, sans crainte du jugement. C’est aussi renforcer leur confiance en soi en les aidant à prendre conscience de leur progression.

💡 « Apprendre, ce n’est pas ajouter des connaissances, c’est transformer celles que l’on possède.«  (Giordan, 1998)

De l’enseignant apprenant à l’enseignant réflexif : le déplacement nécessaire vers la compétence

es professeurs stagiaires occupent une position singulière : ils sont à la fois enseignants et apprenants. Lorsqu’ils sont en formation, ils attendent souvent des formateurs des méthodes précises et des savoirs “stabilisés”, sans erreur ni incertitude. Pourtant, les formateurs privilégient une approche constructive, qui s’appuie sur des bases pour construire, déconstruire et valider les compétences professionnelles.

Cette démarche peut déstabiliser les professeurs stagiaires, car elle les confronte à l’idée qu’ils doivent eux-mêmes expérimenter, tâtonner et ajuster leurs pratiques. Ils prennent alors conscience qu’ils ne savaient pas qu’ils ne savaient pas. Ce déplacement cognitif est une étape clé : il marque non seulement l’entrée dans une posture réflexive, mais aussi une progression vers la compétence professionnelle.

En reconnaissant l’incertitude comme une dimension inhérente à l’apprentissage, ils développent une capacité d’adaptation et un regard critique sur leurs propres pratiques – des qualités essentielles pour tout enseignant en devenir.

Conclusion

L’erreur, souvent perçue comme un obstacle, est en réalité un moteur puissant d’apprentissage. En modifiant notre regard sur elle et en l’intégrant pleinement à nos pratiques pédagogiques, nous favorisons la confiance, la persévérance et la construction d’un savoir durable.

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